• « ÉTREINTE »

    Réalisation
    //2012
    Tailles de l’oeuvre
    82 X 162 X 3 CM
    Support
    BOIS
    Collection
    Symbolisme

    « CONCEPTION »

Accueil

LES VOIX DU VOYAGE

___________________________________________
Pour traverser l'espace d’une toile, il faut deux moteurs: 
l’inspiration et l'intention. 
Cette dualité entre le corps et l’esprit oblige au choix d’un mode d’expression. 
 
Entre sensation et illumination il y a une énergie qui révèle un vocabulaire adapté. Cette découverte est essentielle. Elle me permet de peindre, de donner vie et corps à ce que nul autre que moi perçois et tout autre peintre entrevoit, mais différemment.
 
Tel est le moteur et l’essence de mes moments de peintre pour ma présence dans mon atelier.
 
Notre corps va user de ses propres gestuelles et ses pouvoirs de transformation de la matière pour laisser à l'esprit ses droits de projeter cette part du “moi” vers les autres par l'image et sa matière. 
 
Tout cet effort pour dire des phénomènes, évoquer des formes ou volumes et offrir un voyage des sens et de l'esprit.
 
Le rôle de l’auteur est une alternance du besoin au désir dans une incarnation de l’œuvre.
Les formes sont là tantôt pour exploiter la fluidité des éléments naturels visibles ou invisibles, tantôt pour marquer les rythmes et séquences entre vides et pleins. 
 
La hauteur et la largeur limitatives de l'œuvre picturale peuvent enfler sous la pression de cet irrésistible besoin de rejoindre le spectateur face à l’œuvre. Pour un partage de cette alchimie d’intention et de perception de l’Artiste. Rien de plus sensuel que la tentative de rejoindre l’espace environnant de l’œuvre par un étirement de son espace propre !
Le peintre use de la modulation de la forme par son excroissance et le volume par sa place en subtile démesure dans l’œuvre. Elle rappelle ainsi que tout est mouvement de façon aléatoire et parfaitement impermanente.
La danse des lissages et des rugosités des masses et des creux alterne les séquences mornes du dessin avec celles vivantes de la forme et du volume. Invasion de l’espace, le vide, spectateur, vous devenez une part de l’espace pictural du peintre.
Le partage commence là et bien avant, dans l’intention cachée au fond d’une atelier, il y a un auteur, un chercheur acharné à traduire ce qu’il trouve et ne peut retenir. Partage d’un être avec son pays d’origine, sa terre aussi en une sorte d’absence devenue lisible.
Je suis native du Maroc à Casablanca. J’en ai bien sûr gardé l’exubérance des partages. Mais encore le goût des replis vers chaque monde ou communauté. Pour des saveurs de l’esprit et des couleurs d’humanité variables et riches j ai aimé cela. Mélodie des voix, des sons, musicalité et saveurs des fruits de la terre qui ont ancré en moi un goût du mixage des genres et des moyens d’expression. Ainsi rejointe par mes origines Espagnoles la couleur et ses excès forcèrent la transhumance.
De cette provenance j’ai gardé des femmes et hommes, ombres et lumières, eaux et terres, yin-yang repositionnés et alliés pour une parfaite polarité. Ainsi à chaque œuvre depuis les premières toiles de peintre à 13 ans jusqu'à la rencontre d’un homme des déserts aux phrases empreinte de lumière ma quête fut l’harmonie par le pluriel.
Dans mes « moments d’orient » de l’enfance à l’adolescence il y eut cette abstraction de la découverte et le confort de ce qui est beau et bon. Ma peinture est aussi empreinte de ce voisinage des genres. Celui connu par l’enfant découvrant ses mondes sans jamais douter qu’elle appartient à chacun d’eux. Spiritualité de cette enfance vierge de tout apriori. Telles mes œuvres écartelées entre abstraction et réalisme et formant par ces deux vocabulaires un ensemble réunifié cohérent, originel et légitime par la composition qu’il propose. Former un Tout. L’appartenance et l’identité en moteur. Etre pluriel.
Cela me permit dès l’adolescence de quitter le Maroc pour Paris et donc la France et d’aborder la transformation globale. 
La matière ne me suffisait plus à satisfaire mes besoins de fédérer autour d’un moment et d’une vision : celle du créateur du designer. Toucher les homme et les femmes par le biais de la plus douce et irréversibles des armes: l’émotion allait devenir mon ouvrage.
J’expérimentai moi même cette nature plus tard : chercher et comprendre le pouvoir de choisir et d’ancrer espaces et objets dans un décor. Mode opératoire du créateur dans son voyage vers l’œuvre. La cité: Paris et ses âmes…
C’est alors que livrer mes découvertes sur le lien corps-esprit donna un sens à l’arrêt de cette utilisation exacerbée de la couleur pour une pacification de mon travail. J’ai pu enfin me libérer de sa présence expressive et théâtrale et découvrir la présence et la vibration. 
Le noir et le blanc furent les révélateurs de l’intention et permirent une clarification des mécanismes de mon inspiration. Je découvre aussi l’addiction à la lumière et la matière pour un nouveau voyage des sens. Cette part invisible est pourtant connue de tous : l’énergie sacrée qui vient d’ailleurs et pourtant se manifeste par l’œuvre une fois achevée.
Avant cela rien n’est manifesté ou localisé sur ce petit espace perdu au milieu de l univers ! C’est l’œuvre à devenir.
Le peintre, lui, sait qu’il va devenir acteur de l’espace auquel il participera et il sera relié à l’univers et le monde. Notre regard relie les choses et les êtres. L’œuvre aussi.
Un homme me dit un jour : « vous avez la grâce il vous manque le verbe » pour comprendre ces mots je plongeais dans un travail avec des spécialistes du comportement humain qui me permit de saisir que tout est parfait et par cette Grâce d’amener les autres à ce même constat à travers l’Arthérapie
C’est aussi la réunion du vécu et de chaque « moment présent » pour une inspiration quotidienne. Lien virtuel avec le tout. Nous sommes tous uniques et méritons le plus efficient des modes d’expression : celui du corps et de l esprit enfin réunis.
En un magique « pas de deux » l ‘Art en est la genèse et la révélation.